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Archive 2007
Jeudi 31 mai, 14h
Bonjour Jean, bonjour Dominique,
je suis très content que votre spectacle soit une réussite, nous le voulions de tout coeur et nous n'en doutions pas. Comment a-t-il été reçu de la part des enseignants ? Avez-vous pu avoir des échos ? Vous ouvrez avec ce spectacle une boite noir que chacun a au fond de lui, le tiroir que l'on croise parfois des yeux qui nous fait serrer les dents et qu'on laissera fermé. Peut-être que ça peut faire peur au début, que l'on touche à ce tiroir. Puis on se rend vite compte, avec votre dispositif, que l'on peut vous faire confiance, que vos personnages nous tiennent la main et que l'on peut s'aventurer dans ces méandres sombres de notre mémoire en assumant la fragilité enfantine qui nous a fait reculer de prime abord. On n'en revient pas sans être bouleversé et j'aurais voulu être dans cette salle de Liège pour voir le visage des anciens enfants qui ont assisté à la représentation. C'est un spectacle qui peut faire peur, certes, mais qui fait du bien et dont on repartira du bon pied.
On ne s'attarde pas sur les symptômes, ni sur le nom des maladies, mais sur le seul fait d'avoir apaisé un point de côté qui restait là sous la peau et qui ne passait pas. La réaction ne peut être qu'instinctive: l'instinct que ça fait du bien quel que soit le poids de nos souvenirs.
Et le spectacle continue, j'ai eu un mois assez chargé avec quelques ateliers théâtre offerts par la maison Education Nationale, le spectacle de notre atelier qui a eu lieu à la maison Jacques prévert où on a eu notre petit succès d'estime, des travaux d'intérieur à n'en plus finir et puis la future spectactrice qui remue décidément beaucoup dans le ventre de Sandrine, à se demander si elle n'est pas déjà en train de nous réciter des tirades bien envoyées (première prévue pour le 22 juin ou peut-être avant...)
Jean Claude m'a dit que vous veniez le 15, resterez-vous quelques jours à Dieppe? On improvise au jour le jour suivant les douleurs de Sandrine mais nous aimerions vous avoir à dîner avec Jean-Claude et Hervé pourquoi pas?
Le seul souci est pour la présentation des travaux des élèves. Mes 6èmes ne peuvent pas y assister à cause d'un voyage et je suis pas mal sorti ces derniers temps et j'ai mes 3èmes qui passent le brevet bientôt et qui sont sur la brèche et je redoute les gros yeux de monsieur le principal. Mais on va tenter de se débrouiller quand même.
Il faudra féliciter François, Stéphane et toute l'équipe de la part de leur supporters dieppois.
A très bientôt,
Sébastien et Sandrine
Lundi 4 juin, 16h40
Bonjour les "têtes à claques",
Merci pour votre mail.
Nous sommes très heureux de voir que le spectacle dont nous avons eu la
chance de voir les premiers pas à Dieppe a poursuivi sa route jusqu'à Liège
et trotte désormais dans la tête de chaque spectateur. A vrai dire, nous
n'en doutions pas vraiment...Merci encore de nous avoir fait partager cette expérience!
Nous nous réjouissons nous aussi de vous revoir le 15, et nous efforçons de
préparer au mieux notre dernière rencontre.
A très bientôt.
Véronique, Johann, Gislhaine et Stéphanie.
Lundi 4 juin, 17h
Salut Véronique !
Les représentations à Liège de "Tête à Claques" viennent de se terminer.
Tout comme nous l'avions senti à Dieppe, chacune laisse une trace au plus
profond des spectateurs. Les réactions sont fortes et touchantes. Chacun a
l'air de s'y reconnaître quelque soit son âge...
Nous nous retrouverons bientôt à Dieppe et nous nous en réjouissons.
Jean et Dominique
Dimanche 26 août, 14h50
Hello !
A Huy, Tête à Claques a provoqué des remous, des émois, des .....
Le spectacle a reçu le Prix de la Ministre de la Culture et un Coup de foudre de la Presse.
A cette occasion, les AC ont voulu (encore) dire quelque chose en présence de la Ministre Fadila Laanan, de Paul Emile Mottard, d'Anne Marie Lizin, de Christine Guillaume, de la Presse, de la RTBF, de 300 programmateurs et artistes...
La vie continue encore plus forte
Jean
Lundi 27 août, 9h50
Cher Jean,
Félicitations pour ces prix bien mérités, fruits d’un travail sincère et dans lequel tant de personnes semblent s’être épanouies!
Votre reconnaissance et votre succès fait écho à ma joie de vous connaître et de pouvoir goûter à la finesse de vos propos.
Merci mille fois.
N’hésite pas à me dire si l’occasion se présente de communiquer plus avant sur le spectacle. Je serais très fière de participer à cette saine contagion!
Je t’embrasse.
Mardi 28 août, 12h20
Félicitations à toute l’équipe de Tête à Claques… ce prix et ce coup de foudre sont le signe tangible du travail de qualité que vous menez depuis longtemps avec ferveur, conviction, humanisme…
Merci pour l’émotion et en route vers l’impossible, vers l’utopie…
Je t’embrasse
Laurence
Samedi 1er septembre, 9h30
Chers Ateliers de la Colline,
Cette nouvelle ! c’est une joie immense ! On aurait voulu la crier sur toute la ville du haut de notre balcon : ça aurait cloué le bec de pas mal de farceurs sur le haut de toutes les marches mais nous sommes trop loin de leur piédestal.
Les vacances passées ont laissé place à une nouvelle rentrée déjà. Qu’adviendra-t-il maintenant ?
Il y a bien eu d’affectueuses pensées autour du 21, 22 août à imaginer un ailleurs où nous n’avons pu nous rendre (vous nous en excuserez nous sachant dans la layette jusqu’aux coudes). On a bien tenté d’imaginer un théâtre sur un morceau de cette Belgique de notre enfance, un lieu à l’allure de salle des fêtes trop fastueuse ou d’appareillage compliqué de bois autour d’une vaste scène tel qu’on a pu en concevoir dans les années 70 à la grande époque des maisons de la culture. Notre imagination vagabonde sur notre mémoire. Nous superposons des images incertaines sur du temps insaisissable, peut-être, mais nous reviennent encore très précisément la liste non exhaustive des souvenirs :
La généreuse ambiance des visites en classe, leur retour. « Bonjour »
Les gestes des acteurs, leur souffle et leur tessiture. « Musique »
Le rire des enfants sur les bancs essoufflés du théâtre d’à côté.
« Allez chante ! »
Mes moments à mûrir des activités pédagogiques autour du processus créatif, les doutes à essayer de faire de mon mieux…
Les chuchotements à mon oreille, les confidences de récréation tragique, un sanglot dans la voix de Marine
Œdipe en jeans basket cherche Antigone avec des couettes.
Klara… « c’est toujours moi qui m’en occupe ! »
Le morceau de bois brûlé. « un truc vaudou »
L’odeur de la ficelle à ballot de paille.
La musique entraînante sur fond de déménagement (la chaleur d’être ensemble).
- Et la première échographie de ma fille dans tout ça ! –
Ce qui s’est donné sans qu’on s’en rendre compte et qui a tout changé dans l’air qu’on respirait : du sourire aux regards, des notes de création aux rendez-vous à heures fixes.
Le « trésor commun » comme tu m’avais dit, Jean, il s’est encore agrandi.
Nous avons été très heureux d’apprendre la nouvelle. Ce prix, ces distinctions, nous rassurent quant à l’avenir possible des créations généreuses et collectives telles que vous les faites vivre. C’est une belle victoire sur tout ce qu’on veut nous vendre au prorata des inégalités de nos pouvoirs d’achat. Rien n’aura été quantifiable dans cette aventure, aucune possibilité de réclamer la note, de calculer son coût. A la fin, on ne se devra rien en s’étant tout donné, à la mesure de ce que chacun a pu apporter au « trésor commun ».
Et je suis fier de votre ( de notre) trésor en partage.
Et je suis triste aussi :
Lorsque j’étais petit, je pleurais lorsqu’un film qui m’avait plu se terminait. Quelque chose qui m’avait bouleversé sans crier garde, sans que je puisse en apprécier l’ampleur - ce qui aurait supposé de prendre du recul et il est impossible d’en prendre dans cet état - cesse brusquement. Et dans le silence, dans la suite à poursuivre, on se rend compte combien ce moment a compté, pierre de touche sur le chemin qu’on s’est choisi, balise qui nous certifie qu’on est sur la bonne voix et qu’on laissera sur le côté pour continuer. Vous aurez compris combien vous allez nous manquer et combien nous espérons en ces Ateliers dont nous ne serons jamais loin.
De tout cœur avec vous
Plus que jamais
A bientôt.
Sébastien Pagnier.
Vendredi 7 septembre, 9h50
Je n'ai pas eu l'occasion de te dire combien ce spectacle m'avait touchée (moi, comme tant d'autres) et combien il y a urgence qu'un maximum d'enfants le voient (à commencer par les miens).
Bien à toi,
Martine De Wint
Ministère de la Communauté française
Service de la Diffusion/Théâtre et Chanson à l'école
Vendredi 7 septembre, 11h50
Chère Martine,
Pensant que vous aurez très prochainement une réunion de commission, je me permets de te faire parvenir le courrier ci-dessous par email. Peux-tu l'inscrire à un prochain ordre du jour ?
Je te remercie et t'assure, chère Martine, de toute mon amitié.
Jean Lambert.
Dimanche 9 septembre, 17h20
Chers « Tête à claques »
Au-delà du spectacle à proprement parler, primé et reconnu par tous comme une grande réussite, j’ai eu envie de réagir au discours prononcé lors de la remise des prix et surtout à « l’énormité » de cette parole trop rarement entendue d’UTOPIE.
Cela fait maintenant quinze ans que je fais du théâtre et je l’ai moi-même trop souvent proféré sous les rires et les moqueries ou ai été sanctionné pour l’avoir défendue.
L’entendre dite dans un silence respectueux m’a déjà, en soi, satisfait.
Mais plus que la parole elle-même, dans notre profession, ce sont les actes que l’on pose sur un plateau qui définissent ou non cette utopie.
Et le spectacle « Tête à claques » est pour moi la plus belle réalité de l’utopie que j’ai pu voir depuis longtemps sur une scène.
Outre donc la qualité du spectacle et les thèmes traités, sa plus grande force est, avant tout, d’avoir réussi à proposer aux spectateurs, dont j’étais, un « autre monde ».
Le théâtre (et par extension le monde dans lequel il s’inscrit) auquel je suis le plus souvent tristement habitué, comme spectateur ou comme intervenant, se contente de reproduire, de véhiculer, le schéma traditionnel du pouvoir en place : Hiérarchisé et basé sur le pouvoir d’une seule personne, régentant, à la manière d’un potentat, « des gens ».
Avec comme corollaires des spectacles qui font souffrir, assèchent, épuisent (à force d’y résister par conviction ou de devoir s’y soumettre par nécessité économique) un nombre incalculable de ses intervenants: acteurs, scénographes, costumiers, créateurs sonores, créateurs lumières etc., au profit d’un seul individu, le metteur en scène et donc à véhiculer sournoisement, parce qu’incarné, l’image immuable d’un monde ou règne la loi du plus fort.
Un monde immobile, figé, mortifère, où le pouvoir reste le pouvoir et où dieu reste dieu.
Je voulais donc simplement vous dire combien nourrissant (et combien plus dévastateur pour les ordres établis que n’importe quel discours) a été pour moi le spectacle « Tête à claques » dans la mesure où il matérialise, il incarne, tout ce que je crois depuis longtemps être juste : le respect et l’écoute de chacun des participants à quelque degré que ce soit, la possibilité pour tous de s’exprimer, d’exprimer un être profond au service d’une idée, d’un propos.
Le mot « communion » dans ce qu’il a de plus large n’est peut être pas le plus approprié vu sa connotation trop souvent religieuse mais c’est celui qui me vient à l’esprit dans ce cas, en ce sens ou j’ai reçu, ressenti, un spectacle crée, vécu par une communauté humaine respectueuse de tout ses participants à destination d’une communauté humaine respectée pour ce qu’elle est et non pas, ce qui est le plus souvent le cas, l’expression seule de l’ego d’une personne destiné à soi-même ou aux ego d’autres personnes.
C’est cette rare utopie d’un « autre monde» qui m’a traversé, m’a nourri, avant toutes choses, lors de la représentation.
J’espère donc voir le spectacle tourner auprès des jeunes, que ma fille de 11 ans le verra, parce que la force de cette utopie ne peut, à terme, j’y crois encore, malgré tout, que porter ses fruits.
J’aime à penser que pour changer « Le » monde il faut d’abord commencer par changer «son» monde.
Francesco Mormino, membre du jury 2007
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1 commentaire:
-poignant et indispensable ! -
quelle poésie noire ! rare et précieux ! à travers la métaphore des marionnettes ou l'inverse, la violence sous toutes ses formes est abordée ! belle pédagogie servie par une mise en scène rythmée et intelligente ! continuez .....à quand la prochaine ?
# écrit Aujourd'hui à 09h15
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